Naïma : passée du voile islamique au salut en Jésus!

J’ai vingt-cinq ans. Je suis la deuxième d’une famille musulmane classique en Algérie. Nous sommes neuf et l’aîné est un garçon. La mosquée est juste devant la maison. Mon père est pratiquant : la prière, le ramadan… A quatorze ans, j’ai choisi de mettre la grande robe et le voile. J’avais une image de Dieu, faite d’obligations. J’avais  appris que l’Islam était la seule vraie religion. J’ai surpris mes parents en voulant mettre le voile, car j’étais très jeune. Au début je le mettais seulement pour aller à l’école, puis au bout d’un an, je l’ai gardé. Alors je me suis cachée, et je suis devenue très timide. Je ne parlais plus aux garçons de mon âge, car ma mère disait que les hommes sont méchants et que je devais les éviter.

J’allais à l’école. Mon père ne faisait aucune différence entre ses enfants. Il avait juste appris à lire et à écrire à la mosquée, et il désirait que filles et garçons apprennent plus. Mais ma mère disait qu’une fille n’a pas besoin d’étudier ou de réfléchir, elle doit juste savoir cuisiner pour pouvoir se marier. Alors je me culpabilisais, et j’étais dégoûtée de tout cela. Et ma mère disait à mon frère de me frapper pour me faire peur et m’obliger à obéir.

Mon père se disputait fréquemment avec ma mère, et il la frappait. Une nuit de dispute, j’ai entendu mon frère dire : « Je vais tuer mon père ». Ma mère se plaignait, pleurait, elle disait : « Il n’y a aucune raison, je n’ai rien fait. » Alors je me suis mise à détester mon père. La vie n’était pas belle pour moi. Je me demandais : « Comment est-ce que je vais grandir ici ? » J’étais prête à me marier avec n’importe qui pour pouvoir partir. Je pensais : « Dieu est méchant de ne pas m’avoir créée garçon. » Je préparais le bac, dans le seul but de le réussir pour aller travailler.

Je cherchais Dieu. Et j’ai pensé : « Je vais pratiquer l’Islam comme il faut et le plus possible. » Pendant

le ramadan, j’allais tous les soirs à la prière et aux longues causeries religieuses à la mosquée. Ma mère n’y allait pas, et mon père pas souvent, ce qui m’étonnait. Je me disais : « Comme je suis enseignée, je dois pratiquer les cinq prières, et prier beaucoup pour effacer mes années de péché. » Je me raccrochais à Dieu. Je priais pour qu’il m’aide à réussir mon bac. Et je m’attendais à un résultat. Ma mère voulait me décourager de prier autant. Elle me disait : « Tu en fais trop, tu fais presque comme les hommes et les personnes âgées, ce n’est pas normal. »

Un jour je révisais mon cours de géographie et j’avais du mal. Mon frère aîné, qui était étudiant,  avait acheté un poste de radio. J’ai tourné les boutons, et j’ai entendu une voix très claire qui disait : « Le Fils de Dieu… » Je n’ai rien compris et j’ai éteint ; je pensais avoir péché. J’avais peur, je tremblais, je priais et j’ai demandé pardon à Dieu. Quatre jours après, j’ai rallumé le poste. J’ai réussi à retrouver la voix. Et je me demandais : « Pourquoi est-ce que des Arabes parlent ainsi ? » C’étaient des Marocains, des Egyptiens…, qui donnaient leur témoignage. J’ai écouté pendant un mois, puis j’ai noté le numéro de téléphone qu’ils donnaient. Ils parlaient de « Yeschouah ». Je ne savais pas qui c’était et mon frère non plus. J’ai compris ensuite que c’était une personne. J’étais perdue, j’avais plein des questions, et je ne savais plus où j’en étais.

Une fois mon père m’a trouvée en train d’écouter. Il m’a juste dit : « Si tu n’as pas le bac, tant pis pour toi. » C’était en janvier, et je n’avais presque rien révisé. Je continuais de pratiquer l’Islam, mais ma tête était ailleurs. Puis j’ai compris que c’était des chrétiens. Je voulais poser des questions à l’imam, mais je ne l’ai pas fait. Je suis allée voir un psychiatre qui connaissait un peu toutes les religions. Il était gentil, et il m’a dit : « Ramène-moi tes livres sur l’Islam. » Ils venaient d’Arabie Saoudite et ils étaient très durs, sans photos, car c’est satanique. Au bout d’une semaine il m’a dit : « Ces musulmans sont fanatiques. »

Alors j’ai prié Dieu de m’aider. J’ai écrit à des chrétiens de Jordanie dont j’avais eu l’adresse à la radio. La réponse a mis si longtemps à venir que je n’y pensais plus. Un jour j’ai parlé à Dieu vers une heure du matin : « »Dieu, si tu existes (je lui parlais comme à une personne !), je dois te dire ce que je pense. Tu dois me convaincre : soit que l’Islam est le seul chemin, soit qu’il est dans ce que j’ai écouté à la radio. Donne-moi un rêve. » Je me disais que j’étais folle, et je n’étais pas sûre que Dieu m’ait entendue. Alors j’ai décidé : « Si Dieu ne me répond pas, j’arrête tout, l’Islam inclus. » Le matin j’ai eu un rêve, et une parole : « Tu dois aller chercher auprès de Jésus. » Alors j’ai réfléchi : « Satan a peut-être cherché à me détourner de l’Islam ? » Mais j’ai quand même décidé de chercher. Après des hésitations, j’ai fini par téléphoner à quelqu’un de la Radio. On a parlé pendant une demi-heure. Puis j’ai rappelé presque une fois par semaine, il était très doux, et moi très agressive au début avec mes questions ; il m’a beaucoup touchée, car il n’était pas comme tous les hommes que je connaissais. David m’a proposé de prier pour moi, pour que j’aie mon bac. J’ai trouvé cela très bizarre surtout sans s’être lavés avant, de plus les musulmans ne prient que pour les morts. Je lui ai dit : « Tu parles avec Dieu comme avec une personne. » Il m’a dit de prier comme on le sent dans son cœur ; puis il m’a encouragée à le faire avant d’écrire sur la feuille de devoir.

Après les examens,  j’ai dit à David que j’avais certainement échoué. Il m’a répondu : « Dieu m’a dit que tu allais avoir ton bac. » Il avait prié avec sa femme et avec son église à ce sujet. J’étais émerveillée, mais j’avais des questions, et des doutes. Il me disait aussi : « Je t’aime en Christ », et j’étais choquée. C’est mon frère qui était allé voir les résultats du bac, car une fille ne peut pas beaucoup sortir. J’étais reçue ! C’était un miracle ! J’étais surprise par la réponse de Dieu à ma prière. J’ai annoncé la nouvelle à David, et il était plus joyeux de ma réussite, que ma propre famille. Ce même jour mon frère m’a rapporté une lettre d’Egypte. C’est l’imam qui reçoit notre courrier et qui nous le fait suivre. Tous les voisins avaient vu cette lettre. Elle contenait l’Evangile de Luc, qui d’ailleurs débordait de l’enveloppe. J’étais aux nues !…Je suis allée dans ma chambre pour dévorer le livre. C’était un jour fabuleux ! Ma joie n’était pas due à mon bac, mais à Dieu, et à ce qu’il avait fait pour moi. J’ai pensé : « Dieu est vivant, et je suis chrétienne ! » C’était le sept juillet 1999.

J’ai raconté ma conversion à ma famille, sauf à mon père et mon grand frère. Ma mère m’a dit : « Oublie tout et va faire la vaisselle… » Alors j’ai contacté David et je lui ai dit : « Je crois en Jésus-Christ, Yeschouah ! » Il était heureux et cela m’encourageait. J’avais partagé avec lui mon désir d’aller à l’université et mon impossibilité d’acheter les livres. Alors, il a proposé de m’aider financièrement. Mais il fallait qu’il en parle d’abord avec mon père au téléphone. Il était d’accord, puis après avoir raccroché, il a refusé parce que cet homme n’était pas musulman.

Dieu a fait encore beaucoup de choses pour moi ensuite. J’ai passé trois ans à l’université, à 300 km de chez moi. Et miracle : des gens ont payé mes études d’éducatrice spécialisée sans que je leur demande ! Je voulais connaître mon Dieu. Pendant mes études, j’ai cherché une église. Mais c’était à mille kilomètres ! J’y allais quelquefois pour des séminaires. J’étais seule pour ma soutenance. C’est David qui travaille à la Radio qui avait payé tous mes frais de fin d’études. Ensuite il m’a proposé de venir travailler avec lui. Je croyais cela impossible sans visa. Mais il m’a dit : « Marche par la foi. »

J’aurais dû rentrer chez moi après mes études, mais j’avais peur de revenir à l’Islam. Je préférai alors rester loin et fréquenter l’église que je connaissais. Mais mon père est venu me rechercher. Je lui ai échappé. J’ai réalisé que je ne pouvais plus rentrer chez moi, mais j’ai vu que j’étais dans le plan de Dieu. Après un voyage en bus de treize heures et mille kilomètres, j’ai rencontré un responsable d’église qui voulait me renvoyer chez moi en me disant d’avoir l’air musulmane toute en restant chrétienne. J’ai refusé. J’avais 22 ans, je ne pouvais pas rester seule dans la rue, à 1000 km de chez moi. J’ai pleuré et prié, et je croyais que Dieu ne pouvait rien pour moi. J’ai finalement eu l’adresse d’un pasteur et sa femme qui ont prié et décidé de m’accueillir jusqu’à l’obtention de mon visa pour la France. Je suis restée trois mois. Ils me considéraient comme leur fille. C’était une belle expérience familiale. Ils m’ont payé le voyage en bateau.

Je remercie Dieu pour tous les amis qu’il a mis sur ma route pour m’aider à m’inscrire dans un institut biblique dès mon arrivée en France en 2003. Les cours m’aident à grandir dans la connaissance de la Parole de Dieu et me permettent aussi de me préparer à servir notre Seigneur. Mon but et ma prière sont, après mes études, de rejoindre un centre d’évangélisation par la radio en France annonçant la Bonne Nouvelle de l’Evangile à mes frères Maghrébins musulmans.  Et je remercie le Seigneur mon Sauveur pour son amour qui a changé ma vie et qui continuera de le faire parce qu’il est bon et fidèle. Je remercie mon Dieu et Père céleste parce qu’il s’est fait connaître à moi aussi.  Je loue le Seigneur pour sa présence, et son plan parfait. Je prie pour ma famille, pour qu’ils puissent découvrir ce magnifique Trésor que j’ai trouvé. Comme je prie pour tous les Musulmans, afin que le Dieu de notre Seigneur Jésus-Christ, le Père de gloire, leur donne un esprit de sagesse et de révélation, dans sa connaissance, et qu’il illumine les yeux de leur cœur, pour qu’ils sachent quelle est l’espérance qui s’attache à son appel, quelle est la richesse de la gloire de son héritage qu’il réserve aux saints, et quelle est envers nous qui croyons l’infinie grandeur de sa puissance, se manifestant avec efficacité par la vertu de sa force.

Les Musulmans sont sincères dans leur croyance, mais il leur manque l’essentiel : la connaissance de la vérité révélée par Jésus-Christ. Comme le dit Paul aux Romains 10.1-4 à propos des Israélites : « Frères, le vœu de mon cœur et ma prière à Dieu pour eux, c’est qu’ils soient sauvés. Je leur rends le témoignage qu’ils ont du zèle pour Dieu, mais sans intelligence. Ne connaissant pas la justice de Dieu, et cherchant à établir leur propre justice, ils ne se sont pas soumis à la justice de Dieu;  car Christ est la fin de la loi, pour la justification de tous ceux qui croient. »  Amen.

Naïma, Algérie

Propos recueillis par Elisabeth DUGAS

Top Chrétien

 

 

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