Offrons des sacrifices d’actions de grâces

La Bible nous demande d’offrir des sacrifices d’actions de grâce. Nous allons citer trois versets : Offre pour sacrifice à Dieu des actions de grâces, et accomplis tes vœux envers le Très-Haut.                                                                                                 Psaumes 50 : 14

Par lui, offrons sans cesse à Dieu un sacrifice de louange, c’est–à–dire le fruit de lèvres qui confessent son nom.                                                                                          Hébreux 13 : 15

 Rendez grâces en toutes choses, car c’est à votre égard la volonté de Dieu en Jésus–Christ.                                                                                                             1Théssaloniciens 5 : 18

Toutefois, pour bien comprendre ce que représente le sacrifice d’action de grâce, retournons à la source : là où ce terme apparaît pour la première dans la Bible :

Lorsque quelqu’un offrira à l’Eternel un sacrifice d’actions de grâces : S’il offre du gros bétail, mâle ou femelle, il l’offrira sans défaut, devant l’Eternel.

Il posera sa main sur la tête de la victime, qu’il égorgera à l’entrée de la tente d’assignation ; et les sacrificateurs, fils d’Aaron, répandront le sang sur l’autel tout autour. De ce sacrifice d’actions de grâces, il offrira en sacrifice consumé par le feu devant l’Eternel : la graisse qui couvre les entrailles et toute celle qui y est attachée ;

Les deux rognons, et la graisse qui les entoure, qui couvre les flancs, et le grand lobe du foie, qu’il détachera près des rognons. Les fils d’Aaron brûleront cela sur l’autel, par-dessus l’holocauste qui sera sur le bois mis au feu. C’est un sacrifice consumé par le feu, d’une agréable odeur à l’Eternel.                                                                        Lévitique 3 : 1-5

 Ce sacrifice diffère à plusieurs égards de l’holocauste. Le triple acte d’écorcher la victime, de la couper en morceaux et d’en laver l’intérieur et les jambes, présent dans l’holocauste, est entièrement omis dans le sacrifice d’action de grâces. Cela se comprend. Dans l’holocauste, nous voyons Christ s’offrant à Dieu et étant prêt à être sondé dans les profondeurs par le feu de la justice divine. Dans le sacrifice d’action de grâces, la pensée principale est la communion de l’adorateur.

Ce n’est pas Christ, objet exclusif de jouissance pour Dieu, mais Christ devenant objet de jouissance pour l’adorateur, en communion avec Dieu. C’est pour cela que l’action est ici moins intense. Aucune âme, ne pourrait s’élever à la hauteur du dévouement de Jésus.

Dans l’holocauste, ce devait être un mâle sans défaut, tandis que dans le sacrifice d’action de grâces, ce pouvait être un mâle ou une femelle, également sans défaut. La nature de Christ doit toujours être la même, que ce soit Dieu seul ou l’adorateur en communion avec Dieu, qui en jouisse. La seule raison pour laquelle dans ce sacrifice on pouvait prendre une femelle, était qu’il s’agissait de représenter la capacité de l’adorateur à jouir de cet Etre béni qui, en Lui-même, est « le même hier et aujourd’hui et éternellement »                                                                                                                 Hé 13 : 7b

De plus, dans l’holocauste, le sacrificateur devait brûler le tout, tandis qu’ici, une partie seulement était brûlée, à savoir la graisse, les rognons et le réseau qui est sur le foie. La meilleure partie du sacrifice était mise sur l’autel de l’Eternel. L’intérieur (les forces cachées), les tendres sympathies de Jésus, n’étaient que pour Dieu qui seul pouvait parfaitement en jouir.

Aaron et ses fils mangeaient la poitrine tournoyée et l’épaule élevée (ou prélevée). La poitrine et l’épaule, sont les emblèmes de l’amour et de la puissance, de la force et de l’affection. Tous les membres de la famille sacerdotale, en communion avec leur chef, avaient chacun leur portion du sacrifice de prospérités. Et maintenant, tous les vrais croyants, devenus sacrificateurs pour Dieu, peuvent se nourrir des affections et de la force du véritable sacrifice d’action de grâces. Ils peuvent jouir de l’heureuse assurance qu’ils ont son cœur aimant et sa puissante épaule pour les consoler et les soutenir continuellement. L’amour immuable de Son cœur qui bat pour nous d’un amour inaltérable et éternel. C’est là le droit de l’onction d’Aaron et de l’onction de ses fils.

Il y a dans le sacrifice d’action de grâces, quelque chose de plus que la soumission parfaite de Christ à la volonté de Dieu (dans l’holocauste). L’adorateur est introduit : et cela non seulement pour regarder, mais pour manger. C’est qui donne un caractère très marqué à cette offrande. Lorsque je considère le Seigneur Jésus dans l’holocauste, je vois en Lui un Etre dont le cœur n’avait en vue que la gloire de Dieu et l’accomplissement de sa volonté. Mais si je le considère dans le sacrifice d’action de grâce, je trouve un ami, qui a une place, dans son cœur aimant et sur sa puissante épaule, pour un pécheur indigne et misérable. Dans l’holocauste, tout était brûlé sur l’autel (la poitrine, l’épaule…), tout s’élevait en bonne odeur pour Dieu. Mais dans le sacrifice d’action de grâces, la portion même qui me convient le mieux m’est laissée.

Et ce n’est pas dans la solitude que je dois me nourrir de ce qui répond à mes besoins individuels. Nullement. Je le mange en communion avec Dieu et avec mes cosacrificateur. Je mange, dans la pleine et heureuse connaissance que le même sacrifice, qui nourrit mon âme, a déjà rafraîchi le cœur de Dieu et que la même portion qui me nourrit, nourrit aussi tous ceux qui adorent comme moi. Il n’y a pas d’isolement dans le sacrifice d’action de grâces. Dieu a sa portion et la famille sacerdotale à la sienne.

Avant que nous sacrificateurs recevions notre part, Dieu a reçu la sienne. Cela nous dévoile la grâce étonnante de Dieu qui nous a donné le même objet, le même sujet de bonheur, la même joie, qu’il a lui-même. Le Père veut que le fils prodigue mange le veau gras, en communion avec lui-même. Il ne veut pas qu’il prenne sa place ailleurs qu’à sa propre table, ni qu’il ait une portion différente que celle dont il se nourrit lui-même. Le sacrifice d’action de grâce est la traduction de ces paroles : « Il fallait faire bonne chère et se réjouir ».

Comparons-le maintenant avec l’offrande de gâteau.

La principale différence consiste en ce que, dans le sacrifice d’action de grâce, il y avait effusion de sang et qu’il n’y en avait pas dans l’offrande de gâteau. Cependant toutes deux étaient des offrandes en bonne odeur et étroitement liées entre elles : Si quelqu’un l’offre par reconnaissance, il offrira, avec le sacrifice d’actions de grâces, des gâteaux sans levain pétris à l’huile, des galettes sans levain arrosées d’huile, et des gâteaux de fleur de farine frite et pétris à l’huile.                                             Lévitique 7.12

L’homme ne pouvait pas goûter la joie profonde que donne la communion avec tout cela, simplement parce qu’il n’y avait pas de base sur laquelle cette communion pût reposer. Dans le sacrifice d’action de grâce, cette base si nécessaire est pleinement et clairement établie. « Il posera sa main sur la tête de son offrande et il l’égorgera… » Nous trouvons ici ce que l’offrande de gâteau ne fournit pas, savoir un fondement solide pour la communion de l’adorateur avec toute la plénitude, la valeur et la beauté de Christ, en tant que cet adorateur est rendu capable, par l’énergie du St Esprit, d’entrer dans cette communion. Si nous n’avions que l’aspect de Christ, tel que nous la présente l’offrande de gâteau, il nous manquerait le droit en vertu duquel, et le fondement sur lequel nous pouvons l’y contempler et en jouir. S’il n’y avait pas d’effusion de sang, il n’y aurait ni titre, ni fondement pour le pécheur. Mais Lévitique 7.12, lie l’offrande de gâteau au sacrifice d’action de grâce, et pas là, nous enseigne que, quand nos âmes ont trouvé la prospérité, nous pouvons faire nos délices de Celui qui a « fait la paix » et qui est « notre paix ».

Mais que l’on comprenne bien, que, tout en ayant, dans le sacrifice d’action de grâces, l’effusion et l’aspersion du sang, cependant l’acte de porter le péché n’est pas ce qu’il exprime. Quand nous considérons Christ dans le sacrifice d’action de grâce, il ne nous apparaît pas comme celui qui porte nos péchés, comme c’est le cas dans les sacrifices pour le péché et pour le délit. Mais (les ayant portés) il nous apparaît comme le fondement de notre heureuse et paisible communion ave Dieu.

S’il était question de porter, il ne serait pas dit : « C’est un sacrifice par feu, une odeur agréable à l’Eternel ». Toutefois, quoique le péché porté ne soit pas ici la pensée, il y a cependant ample provision pour celui qui se reconnaît pécheur, sans cela il ne pourrait pas en avoir une part quelconque. Pour avoir communion avec Dieu, il faut que nous soyons « dans la lumière ». Et comment pouvons nous y être ? Seulement en vertu du sang de Jésus qui nous purifie de tout péché. Nous ne sommes dans la présence de Dieu que comme participants de la vie et de la justice divine.

Le Père ne pouvait recevoir le fils prodigue à sa table que revêtu de « la plus belle robe » et dans toute l’intégrité de la relation de fils, dans laquelle il le voyait. Si l’enfant prodigue eut gardé ses haillons ou s’il eût été placé dans la maison comme un « mercenaire », nous n’eussions jamais entendu ces douces paroles : « Mangeons et faisons bonne chère, car mon fils que voici était mort et il est revenu à la vie, il était perdu et il est retrouvé ». Ce n’est pas en améliorant notre vielle nature que nous parvenons en la présence divine, c’est en tant que possesseurs d’une nouvelle nature. Ce ne fut pas en raccommodant les haillons de sa première condition que le fils prodigue obtint une place à la table de son père, mais en étant revêtu d’une robe qu’il n’avait jamais vue et à laquelle il n’avait jamais pensé auparavant. Le père l’avait en réserve pour lui, dans sa maison. Le père la lui fournit. C’est ainsi qu’ils se mirent à table pour manger « le veau gras » dans une heureuse communion.

Venons-en maintenant à la loi du sacrifice d’action de grâces (Lévitique 7 : 11-21).

Il est de la plus grande importance d’établir une distinction entre le péché dans la chair, et le péché sur la conscience : Si nous disons que nous n’avons pas de péché, nous nous séduisons nous–mêmes, et la vérité n’est point en nous. Si nous confessons nos péchés, il est fidèle et juste pour nous les pardonner, et pour nous purifier de toute iniquité. Si nous disons que nous n’avons pas péché, nous le faisons menteur, et sa parole n’est point en nous.                                                                                                     1 Jean 1 : 8-10

Personne n’aura conscience du péché demeurant en lui, autant que l’homme qui marche dans la lumière.

Dans la puissance de la nouvelle nature, nous avons le privilège de pouvoir marcher de telle sorte que « le péché » qui habite en nous ne se manifeste pas sous la forme de « péchés ». La position du chrétien est une position de victoire et de liberté. Il a le privilège de jouir de la délivrance du péché, en tant que dominateur sur lui, quoique le péché habite encore en lui.

Lé 7.13 : « Il présentera…du pain levé avec son sacrifice ». Verset 20 : « Et l’âme qui, ayant sur soi son impureté, mangera de la chair du sacrifice d’action de grâces qui appartient à l’Eternel, cette âme là sera retranchée de ses peuples ». Nous avons bien ici clairement les deux choses : le péché en nous et le péché sur nous.

Le levain était permis car il y avait du péché dans la nature de l’adorateur. L’impureté était interdite parce qu’il ne devait y avoir aucun péché sur la conscience de l’adorateur. S’il est question de péché, il ne peut plus être question de communion. « Et de l’offrande entière, il en présentera un en offrande élevée à l’Eternel : il sera pour le sacrificateur qui aura fait aspersion du sang du sacrifice de prospérités » (Verset 14). En d’autres termes, « le levain », dans la nature de l’adorateur, était parfaitement contrebalancé par « le sang » du sacrifice.

Le sacrificateur à qui appartient le pain levé, doit être celui qui répand le sang. Dieu a mis nos péchés loin de ses yeux, pour toujours. Quoique le péché soit en nous, ce n’est pas sur lui que ses yeux reposent. Il ne voit que le sang, c’est pourquoi nous pouvons rentrer dans une communion intime avec Lui.

Mais si nous laissons le péché, qui est en nous, se développer sous la forme de péchés, alors il faut qu’il y ait confession, pardon et purification, avant que nous puissions manger de nouveau de la chair du sacrifice d’action de grâces. Le retranchement de l’adorateur, à cause des souillures cérémonielles, répond maintenant à l’exclusion du croyant de la communion, à cause de péchés non confessés.

Qu’est-ce qui formait le fond de la communion entre le père et le fils prodigue ?

 Etaient-ce les haillons de ce dernier ? Ou les gousses du « pays éloigné » ? Nullement. Ce n’étaient rien de ce que le fils prodigue apportait avec lui. C’était la riche provision de l’amour du père : le veau gras. Il en est de même à l’égard de Dieu et de tout vrai adorateur. Ils se nourrissent ensemble, de Celui dont le sang précieux les a associés pour toujours, dans cette lumière, de laquelle nul péché ne peut jamais approcher.

La cène qui est un acte important de la communion de l’Eglise, peut aussi être considérée en connexion avec la doctrine du sacrifice de prospérités. C’est tout spécialement une fête d’action de grâces pour une rédemption accomplie. Aussi une âme courbée sous le lourd fardeau du péché, ne peut pas, avec une intelligence spirituelle, prendre la cène du Seigneur, puisque cette fête exprime l’éloignement complet du péché par la mort de Christ : « Vous annoncez la mort du Seigneur, jusqu’à ce qu’il vienne ».                                                                                             1 Corinthiens  11 : 26b

 La mort de Christ annonce la fin de notre vieille nature. Nous nous réunissons autour de la table du Seigneur dans toute la joie de vainqueurs. Nous regardons en arrière à la croix, où la bataille fut livrée et gagnée et nous regardons en avant à la gloire, où nous entrerons dans les résultats complets et éternels de la victoire.

Voici la loi des sacrifices des sacrifices d’actions de grâces que l’on offrira à l’Eternel

 Si quelqu’un l’offre par reconnaissance, il offrira, avec le sacrifice d’actions de grâces, des gâteaux sans levain pétris à l’huile, des galettes sans levain arrosées d’huile, et des gâteaux de fleur de farine frite et pétris à l’huile.  A ces gâteaux il ajoutera du pain levé pour son offrande, avec son sacrifice de reconnaissance et d’actions de grâces. On présentera par élévation à l’Eternel une portion de chaque offrande ; elle sera pour le sacrificateur qui a répandu le sang de la victime d’actions de grâces.  La chair du sacrifice de reconnaissance et d’actions de grâces sera mangée le jour où il est offert ; on n’en laissera rien jusqu’au matin. Si quelqu’un offre un sacrifice pour l’accomplissement d’un vœu ou comme offrande volontaire, la victime sera mangée le jour où il l’offrira, et ce qui en restera sera mangé le lendemain. Ce qui restera de la chair de la victime sera brûlé au feu le troisième jour. Dans le cas où l’on mangerait de la chair de son sacrifice d’actions de grâces le troisième jour, le sacrifice ne sera point agréé ; il n’en sera pas tenu compte à celui qui l’a offert ; ce sera une chose infecte, et quiconque en mangera restera chargé de sa faute.                              Lévitique 7 : 12 à 18

 « Et la chair de son sacrifice d’action de grâces sera mangée le jour où elle sera présentée. On ne laissera rien jusqu’au matin ». C’est-à-dire que la communion de l’adorateur ne doit jamais être séparée du sacrifice sur lequel cette communion est fondée.

« Et si le sacrifice de son offrande est un vœu, ou une offrande volontaire, son sacrifice sera mangé le jour où il l’aura présenté. Et ce qui en restera sera mangé le lendemain » (7.16). Quand l’âme s’élève à Dieu dans un acte volontaire de culte, un tel culte provient d’une plus abondante mesure d’énergie spirituelle que lorsqu’il s’agit simplement de quelque grâce spéciale reçue au moment même. Si l’on a reçu quelque faveur signalée de la main du Seigneur, à l’instant l’âme s’élèvera en actions de grâces. Dans ce cas, le culte est suscité par cette grâce et lié à cette grâce, quelle qu’elle puisse être et il ne va pas plus loin. Mais quand le cœur est porté par le Saint- Esprit à quelque expression volontaire ou délibérée de louanges, le culte aura un

caractère plus durable. Dans tous les cas, le culte spirituel se rattachera toujours au précieux sacrifice de Christ.

« Ce qui restera de la chair de son sacrifice Et ce qui restera de la chair du sacrifice sera brûlé au feu le 3ème jour. Et si quelqu’un mange de la chair de prospérités le 3ème jour, le sacrifice ne sera pas agréé. Il ne sera pas imputé à celui qui l’aura présenté. Ce sera une chose impure. Et l’âme qui en mangera portera son iniquité ». Rien n’a de valeur aux yeux de Dieu que ce qui est intimement lié à Christ. Il peut y avoir beaucoup de ce qui a l’apparence du culte et qui n’est que l’expression de sentiments naturels. Il peut y avoir l’apparence d’une grande dévotion, mais qui n’est au fond qu’un piétisme charnel. « Dieu est esprit et il faut que ceux qui l’adorent, l’adorent en esprit et en vérité ».

Il est intéressant de remarquer que, quoique le sacrifice d’action de grâces soit mis au 3ème rang, cependant « la loi » nous en est donnée après toutes les autres. Cette circonstance n’est pas insignifiante. Dans aucune des offrandes, la communion de l’adorateur n’est si pleinement développée que dans le sacrifice d’action de grâces. Dans l’holocauste, c’est Christ s’offrant lui-même.

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