Canal ou Vase?

Canal ou Vase?

 Par Eric-Vincent Dufour

Je voudrais ici vous relater un témoignage reçu dans le cadre de notre ministère de relation d’aide pour les couples engagés à plein temps dans un service pour Dieu. Un ministère de louange, nous avoua la réalité suivante de sa vie spirituelle: “Chaque fois que je monte sur une scène pour un concert, ou pour conduire un service de louange à l’église, dès que je commence à jouer ou à partager un chant que Dieu m’a donné, je vois des choses extraordinaires se produire: L’Esprit de Dieu descend sur ceux et celles réunis pour l’adorer, des signes et des prodiges se manifestent. Certains sont touchés, convaincus de péché, se repentent pour croire en la vie éternelle, d’autres reçoivent une guérison, une délivrance, une direction pour leur vie, une réponse à leurs prières. L’Esprit se déplace comme bon Lui semble pour donner à chacun selon ses besoins. Je suis témoin des trésors dont Dieu dispose pour ses enfants. Les croyants apprécient mon ministère, et Dieu me fait la grâce de le voir agir au travers de ce qu’Il m’a confié. Cependant, cette même bénédiction est aussi mon drame. Dès que je redescend de l’estrade, dès que je rentre chez moi, même après un moment particulièrement béni, je me sens complètement vide à l’intérieur, sec. J’ai le sentiment que le Seigneur a des bénédictions en réserve pour tous ses enfants, sauf pour moi. Je chante ses louanges, mais je n’ai plus de relation intime satisfaisante avec Lui depuis longtemps. Je me sens vide à l’intérieur, hypocrite. Je crois dans la réalité de sa présence dans la vie des croyants, mais ne la vis plus pour moi même. Comment est-ce arrivé ? J’ai remplacé peu à peu mon intimité avec Lui par mon savoir faire, ma technique, mon métier… faute de temps, et de volonté. Aujourd’hui, je n’ai plus l’impression qu’Il m’aime et veut me bénir, moi aussi…” Êtes-vous surpris d’une telle déclaration ? Elle n’est malheureusement pas isolée et représente la réalité cachée d’hommes et de femmes qui, sans en être toujours conscients, ont peu à peu laissé leur service prendre le pas sur leur vie intime avec leur Sauveur. Comment est-il possible que Dieu continue de les bénir ? Dieu nous aime et patiente avec nous. Nous avons tendance à confondre sa bénédiction sur un ministère avec son approbation sur la vie privée du serviteur. Il bénit son ministère, ses dons, et aussi la foi de ceux et celles qui dans l’auditoire s’attendent à Lui pour leurs besoins. Cela ne veut pas pour autant dire, que son serviteur, l’outil qui déverse la bénédiction, lui soit agréable dans toutes ses voies. Cette réalité nous concerne tous. Ce témoignage, me fait penser à l’image d’un canal. Combien de fois, n’avons nous pas entendu cette déclaration: “Le Seigneur m’a utilisé comme un canal pour transmettre sa bénédiction”. Quelle joie quand cela arrive ! Quel bonheur de se savoir utile entre Ses mains, tel un canal qui achemine l’eau de la vie sur des terres desséchées et stériles! Oui, sauf que lorsque le canal a rendu son service, que lui reste-t’il? Rien ou presque. Quelques rares gouttes d’eau qui disparaissent rapidement. Est-ce ainsi que Dieu veut que nous nous épanouissions dans l’exercice de ses dons et de son appel ? Est-ce tout ce qu’il a en réserve pour nous: De la souffrance, des combats, du travail et à la fin, plus rien pour nous mêmes, sinon de l’épuisement et un sentiment de vivre dans l’hypocrisie en proclamant des réalités que nous ne vivons plus ? Cette image ne représente pas l’idéal que notre Dieu poursuit avec nous lorsqu’Il nous confie des responsabilités dans son Royaume. Selon Sa parole, Dieu veut que nous soyons des “vases d’honneur”. (2 Timothée: 20-21) Quelle sont les différences entre un vase et un canal ? Ce que Dieu veut pour nous, c’est de communiquer ce que nous avons reçu. Pour cela, Il nous faut d’abord “être”et vivre, avant de prétendre transmettre. Le canal est l’image du “faire”. Le vase, lui, ne peut donner que ce qu’il contient. Il lui faut d’abord recevoir pour pouvoir communiquer. Il doit retenir l’eau, la garder, jusqu’à être plein à ras bord, et déborder. Il doit aussi régulièrement revenir à la source pour y être rafraîchit d’une nouvelle mesure. Jésus enseignait ses disciples, en leur faisant vivre des expériences. Tout apprenti ne commence vraiment à apprendre son métier que lorsqu’il découvre le travail de ses propres mains. Ainsi, nos enseignements ne doivent pas être basés sur une seule connaissance intellectuelle ou notre “savoir-faire”, mais tirés de notre cheminement personnel avec Dieu. Nous devons pouvoir parler avec la force que transmet le vécu, source de vraie humilité, et non d’orgueil, de dépendance à Dieu et non » professionnalisme ». Ne nous contentons pas d’être des canaux de bénédiction, mais aspirons à être des vases d’honneur pour notre Maître !
Eric-Vincent Dufour

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